Mise à jour et mise au point

rptnboz

Ce qui suit va faire office de Lettre de nouvelles, de mise à jour et de mise au point.
La photo ci-dessus illustre très bien le moment présent.
Dans ce qui suit j’utiliserai le mot « Dieu » par pure convention, je suis bien au fait que Dieu n’est pas son nom.

Quelqu’un a dit : Si je dis: Je connais Dieu, je suis menteur. Si je dis: Je ne connais pas Dieu, je suis menteur. Vous pensez y voir un paradoxe ?
Dieu est bien au-delà de ce que je connais de lui ! Je ne connais de lui que ce que j’ai pu en déduire, que ce qui m’a été révélé et aussi ce que j’ai vécu.
Par contre je ne peux pas dire que je ne le connais pas, il m’a touché, m’a transformé, je l’ai expérimenté et il n’est pas un étranger pour moi.
Par conséquent, quand j’aborde la connaissance de Dieu, c’est d’une connaissance qui, sans être figée ni complète, est réelle. Certains appellent ce type de connaissance « l’inconnaissance de Dieu ».  Vouloir à tout prix le nommer, le définir, l’enfermer dans nos raisonnements, c’est le chemin pour se façonner une idole. Il est celui qui EST, le eyn-sof des kabbalistes, l’innommable des musulmans. Même Paul parle du nom au-dessus de tout nom (y compris celui qu’on voudrait lui donner !).

Ma porte d’entrée vers Dieu a été le christianisme. J’ai épousé cette foi, l’ai nourri. J’ai lu le « livre saint » des chrétiens (la Bible) ; je serai incapable de dire combien de fois je l’ai lu entièrement et, encore moins, combien de fois j’ai lu le nouveau testament. Je l’ai lu en français (j’ai 72 versions françaises du NT), en anglais, en grec ; J’ai plus de 35 ans d’étude de ce livre. Ce livre je l’ai vénéré, il a été et est l’objet de mon étude et de ma méditation depuis de longues années. J’étais un fervent défenseur de la Bible, de son inspiration, de sa pertinence. Pour moi c’était la Parole de Dieu.

Aujourd’hui je m’aperçois que quand la Bible parle de la Parole de Dieu, elle ne parle pas d’elle-mêm. En effet, ce n’est pas une Bible qui était dès le commencement, ce n’est pas une Bible qui s’est faite chair, ce n’est pas la Bible que l’église primitive prêchait (le NT n’était pas encore constitué). La Parole de Dieu n’est pas la Bible mais c’est Christ, celui qui est dès le commencement, celui qui est Dieu, celui qui s’est fait chair, celui que la première église prêchait.

Je crois que les Écritures sont inspirées mais ne sont malheureusement pas infaillibles. Fondamentalement elles sont infaillibles quant à leur inspiration mais rappelons-nous toujours que nous avons entre les mains une traduction. La Bible n’est pas infaillible quant à la traduction et surtout n’est pas infaillible quant à notre interprétation (le nombre de dénominations chrétiennes et de mouvements qui prennent la bible comme référence le confirment).

Même si elle était infaillible, et que les mots soient tous exacts, nous aurions un autre problème, celui des mots justement. Les mots sont définis et ils ont les limites de leur définition. Comment utiliser des mots « finis » pour décrire celui qui est infini ? Comment peut-on enfermer, dans un nos concepts, celui qui échappe à tout concept. De plus utiliser les mêmes mots ne signifie pas que nous leur prêtons tous la même signification et que nous en avons tous la même compréhension.

Quel orgueil ! de prétendre connaître Dieu au travers de la Bible (ou au travers de n’importe quel livre saint).
Quel orgueil ! d’étaler sa connaissance des écritures comme une connaissance de Dieu lui-même.
Quel orgueil ! de définir une façon juste de croire à partir d’écrits.
Quel orgueil ! d’appeler THEOLOGIE (connaissance de Dieu) ce qui est en fait de la GRAPHELOGIE (connaissance de l’Écriture) ou de la PARADOSILOGIE (connaissance de la tradition transmise) voir « un mix » des deux.
Loin de moi de mépriser ces deux dernières, je m’y adonne avec délectations mais je ne les confonds plus avec la connaissance de Dieu.

J’ai, pendant plusieurs années, été impliqué dans un christianisme empreint de « Bibliophilie » et aussi de « Bibliolâtrie ». Bien sûr j’aurais, à l’époque, contesté ces insinuations, mais dans les faits, la majeure partie de la connaissance que nous avions de Dieu étaient tiré des écrits, nous grandissions dans la connaissance de Dieu en proportion de notre connaissance des écrits. Dieu nous « parlait » la plupart du temps au travers des écrits, on se servait des écrits comme de l’arbre de la connaissance du bien et du mal et comme filtre de discernement.
A partir des écrits, on se justifiait et on condamnait.
A partir des écrits et ce que l’on en comprenait, on s’est façonné un Dieu à notre image, selon la ressemblance de notre compréhension.
Pour la PARADOSILOGIE rappelons-nous simplement des paroles de Jésus : Vous annulez la parole de Dieu par votre tradition que vous vous êtes transmise (Mc.7 :13).
Paul ne nous exhorte-il pas à marcher, non selon la Lettre mais, selon l’Esprit ?

Beaucoup considèrent que tout ce qu’il y a à savoir sur Dieu a été découvert et qu’il suffit juste de consulter les archives théologiques. Heureusement qu’il n’en est pas de même pour la médecine, la technologie et autres sciences. Du coup une question : Pourquoi traiter « la théologie » de la sorte ? Si Dieu est infini, pourquoi croire que nos prédécesseurs, aussi brillants qu’ils puissent avoir été, ont fait le tour de la question ? Certes leurs travaux sont précieux, mais ils ne sont pas tous arrivés à la même opinion. Pourquoi alors nous confisquer le droit d’explorer des nouveaux chemins de compréhension ? Je ne pense pas que ce ne soient que les lettres de créances ou les titres académiques qui légitiment de connaître Dieu.

Il y a une très grande différence entre connaître Dieu et connaître des choses sur Dieu.
Je prends un exemple, sans aucune rancune, il y a parfois sur certains sites, me concernant, des propos désobligeants où on me prête de fausses intentions et affirme des choses me concernant. Tout ça sur la base d’interprétation d’écrits ou de vidéos. On fait parler les silences et on pense à ma place. Tout ça au nom d’un pseudo discernement. Ça fait sourire ceux qui me connaissent réellement et parralèlement ça retire tout crédit aux auteurs.
Me concernant ce n’est pas trop important mais là où c’est bien plus grave, c’est quand on affirme des choses sur Dieu sur la base d’écrits ou de ce qu’on en comprend, avec le risque d’induire des gens en erreur. Dans une proportion plus grande, ça fait sourire (parfois pleurer) ceux qui le connaissent et ça retire aussi tout crédit aux auteurs. Et pour ceux qui ne Le connaissent pas, ça ne leur donne surtout pas envie d’avoir une spiritualité de ce type.
Il n’y a peut-être que les crédules et ceux qui ne savent pas penser par eux-mêmes qui peuvent se repaître de ce type d’informations.

Je suis conscient que cet article peut paraitre agressif ou offensant pour certains. Ce n’est pas mon état d’esprit en l’écrivant, je ne suis pas amer, je ne suis pas en train de régler des comptes avec quiconque. Je n’ai pas abandonné la foi, bien au contraire je pense l’avoir enfin trouvé. Je n’ai pas quitté mon zèle pour Dieu, il brule simplement autrement, de manière plus authentique et plus productive. Je médite la Bible avec grand plaisir et je n’ai pas besoin de discipline pour le faire assidument et je lui reconnais une grande autorité, c’est un fondement de ma vie mais elle ne prend plus la place de Dieu. Mon amour pour Dieu ne s’est pas refroidit, je n’ai jamais eu autant de température. Je ne suis pas anti-église, j’aime profondément et passionnément l’Ekklesia que Jésus bâtit.

J’ai perdu l’orgueil et l’arrogance d’être chrétien, mon Dieu est Dieu et pas seulement le Dieu des chrétiens. Dans le principe, je rejoins l’humilité du pape Paul VI quand il écrit : « L’Église ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans les religions non-chrétiennes ». Être capable de voir du vrai et du saint dans d’autres spiritualités et du coup s’évader de l’esprit sectaire et de la foi exclusive sans pour autant renier Christ, c’est un véritable challenge pour l’esprit religieux ! ça oblige à s’intéresser à l’autre ! et sans complexe de supériorité !

Jésus a dit : La vie éternelle c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé. Il n’a pas dit: La vie éternelle c’est qu’ils connaissent les versets et la doctrine te concernant et concernant celui que tu as envoyé.

Je ne renonce pas à connaître Dieu, je ne renonce pas à répondre à l’appel de Dieu qui est Esprit et qui cherche des adorateurs qui l’adorent en esprit et en vérité. Je ne renonce pas à être conduit par l’Esprit. Je ne renonce à la vie en abondance, je ne renonce pas à ma seule espérance de la gloire qui est Christ en moi, je ne renonce pas à chercher d’abord le royaume de Dieu qui est en moi. Toutes ces choses ne se font pas par procuration ou par une connaissance des écritures. Connaître les écritures est bénéfique et utile mais il ne faut pas négliger la priorité, le connaître Lui.
Comme dirait Paul : Suis-je votre ennemi en vous disant la vérité ? J’espère que non !

Il ne me reste plus qu’a vous souhaiter  « Bons vents » pour votre navigation spirituelle.

 

Stay Tuned…

3 Responses to Mise à jour et mise au point

  1. Patrick,

    Merci pour ce partage du coeur.
    J’ai toujours eu envie d’être reconnu par les autres. Reconnu pour être celui qui sait… et j’en sais des choses, mais bizarrement même si j’ai la Bible, je l’ai lu avec la tête pour y trouver des formules, des révélations. Mais très vite, plus je lisais plus j’avais soif. J’ai aussi prier, en parlant beaucoup, avec ma tête aussi et toujours aussi soif. De là est né une frustration personnelle, envers l’église locale et envers Dieu. Le pire dans tout ça, est que je recevais Dieu des promesses en songes, en visions mais de manière incroyable, avec tout le monde qui me disait « wouha t’es vraiment béni »… j’arrive presque à la dépression spirituelle. Puis un jour je te redécouvre via « Terres d’amour », tes vidéos avec Thierry. J’ai cru que t’avais pété les plombs :) Je me suis dit on l’a perdu. Puis je rencontre ton ami Etienne…, et là j’ai commençais vraiment à me remettre en question, comme un voile qui tombe et je me dit, mais bon sang, si c’était ça? Quand je reprends toutes ces visions, ces songes, ces promesses, tout converge vers ça. Alors évidement, je commence en tâtonnant, je vérifie tes dires dans la Bible, je me renseigne sur l’historicité des références sur l’oraison, l’hésychasme etc, puis je découvre Jean-Yves Le Loup et tout ce que j’entends, lis, sur la voix de l’intériorité. Tout ne se fait pas en un jour, le chemin est encore long et ne s’arrête jamais comme tu dis. Mais je crois qu’une fois qu’on à la pleine conscience, assurance de la vie de Dieu, de sa présence permanente en nous, le chemin est d’un coup beaucoup plus « relaxe ». Et cette présence on l’expérimente, en cherchant et en continuant à chercher, en frappant et en continuant à frapper. Et j’ai tout aussi soif de pouvoir partager ce que je pourrais vivre par cette voie à toutes celles et ceux qui comme moi, manque d’oxygène dans leur marche avec Dieu. Vivement le 20 octobre pour m’aider enclencher la seconde ;)

  2. maria

    Bonsoir Patrick,

    Non cet article n’est pas agressif, c’est ton coeur qui parle et qui dit les choses avec une telle justesse que ça en est émouvant…

    Un grand merci.

  3. Dams

    Bonjour Patrick,

    Rien à dire, je te rejoins sur tout. L’homme né religieux par nature, qu’il soit païen ou croyant, chacun invente ses propres traditions déguisées le plus souvent en superstitions obligeant ainsi l’homme à faire tels rites pour s’apporter telle assurance dans la vie. Quel esclavage, quel retour en arrière et surtout abolition du sacrifice de notre Père qui est descendu jusqu’à nous pour ôter tout cela. Les temples, les églises… se remplissent parfois pour y découvrir une part de la Vérité mais au lieu de continuer sur la nouvelle naissance, elle laisse à l’état végétatif l’enfant en devenir de maturité spirituelle faute de se détacher des chaînes sacrées de la lettre. Oui la lettre tue, elle tue l’esprit, cet esprit unique, extraordinaire que Dieu nous a donné pour l’adorer, nous unir à lui. Paul en parle : la lettre tue et pourtant, la bible a remplacé Dieu, Christ notre sauveur. Notre Dieu unique, descendu jusqu’à nous, a été remplacé par un livre. L’adversaire n’aura pas rêvé mieux pour priver les enfants d’un Père. La bible est une boussole, un chemin, une carte mais qui sans l’éclairage de notre relation à Dieu, sa connaissance expérimentée dans notre quotidien (je parle comme cela pour l’opposer à la connaissance intellectuelle), devient alors un passage sinueux où chacun y interprète à sa manière des hypothèses sur qui est Dieu. Les mots sont des éléments à forme définis et donc enfermant et alors qu’aucune idole ne nous ait autorisé, nous en avons fait une plus grande encore en défendant cette prescription : la bible. Cela revient à plus accorder d’assurance en l’ordonnance du médecin que le Médecin lui-même et du coup de se couper ou du moins de restreindre notre relation avec le médecin. Voilà ce que la sacralisation d’un écrit fait. Elle aveugle et empêche le recul nécessaire sur des écrits inspirés par Dieu mais aussi traduit par une langue qui possède 10 fois moins de nuance que le grec et l’hébreu et cela dans un contexte de plusieurs millénaires passés. Et dans le bible, vous remarquerez que tantôt il y a des paroles inspirées mais tantôt ce sont des hommes qui parlent… Sans revenir à la source, Christ en nous, alors le risque et de tout universaliser dans la bible et que la lettre sans distinction de ce qui est humain, de Dieu et de sens dans un contexte précis, devienne un instrument d’esclavage, de discorde, de tensions où chacun se perd dans ses propres théories donnant naissance à je ne sais combien de courants théologiques. Revenons à l’essentiel : Qu’est ce qui a été accompli à la Croix ? Qui vit en nous ? Et comment approfondir notre relation avec lui pour mieux le connaître. Mieux le connaître, permettra d’éviter de tomber dans tous les pièges et égarements spirituels qui pour certains abreuvent d’autres assèchent, malgré la vie que nous portons en nous.

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